Le groupe des Doors est né en 1966 a Los Angeles, après avoir joué dans des bars comme le london frog ou encore le réputé Whisky a-Go-Go, les Doors se différencient alors des autres groupes grâce à leur chanteur Jim Morrison qui communique sur scène une énergie mystique bien particulière. En Janvier 1967 sort l'album The Doors. La grande particularité de cet album est l'atmosphère magique qui arrive à relier les différentes chansons pour en donner un album envoûtant.
Toutes les chansons sont une discussion perpétuelle entre la poésie de Jim et les solos de guitare façon blues de Robby Krieger, le tout sur un tapis musical d'orgue (basse et thème) à la fois Jazzy et classique de Ray Manzarek et de batterie décousue par John Densmore.
Je pense qu'on peut s'arrêter sur deux ou trois chansons comme "light my fire" et sa superbe partie instrumentale qui paraît-il n'a jamais été fixée, permettant sur scène aux musiciens, et à Jim de s'exprimer musicalement ou chorégraphiquement (pour Jim), ce qui donnait aux concerts une dimension à la fois théâtrale et mystique, et qui propulsa Jim au stade de demi-dieu érotique.
On peut encore apprécier "The End", la chanson qui clôture l'album qui a été l'une des premières chansons du rock à dépasser les 10 minutes. C'est là qu'on remarque les qualités poétiques de Jim, et la puissance de l'envoûtement de la musique des Doors.
Nature sauvage et incontrolable
Un monument. Cette chanson est un monument. Jusqu'à présent je n'ai jamais trouvé des paroles aussi riches. La chanson parle de la construction des Etats-Unis, ou comment une société se construit dans la peur pour principale fondation. On y retrouve les principes fondateurs des débuts de la littérature etatsunienne (entendez par la: littérature nationale), la "Wilderness" (terme intraduisible en français), la référence à la Rome antique. Autant d'éléments que l'on retrouve chez des auteurs comme Charles Brockden Brown dans Wieland par exemple.
Sans oublier le mythe de l'indien, manifestation directe de la Wilderness, et l'obstacle qu'il représente lors de la conquête des terres de l'ouest (The West is the Best). Le serpent, la figure légendaire de l'indien et de son attachement à la Wilderness, cette nature immense et cruelle, pleine de dangers pour les colons américains. La Wilderness ou comment le jardin d'Eden des Pilgrim Fathers devient l'Enfer sur terre.
Jim Morrison dans le désert sous acides, et pourtant, un parolier les plus doués de ce siècle et de ceux à venir...
La Fin de Jim Morrison (the Doors)
C'est la fin, belle amie, C'est la fin, ma seule amie
La fin de nos plans élaborés, la fin de tout ce qui est en place, la fin
Pas de sécurité ou de surprise, tellement immense et libre,
Desépèrement dans le besoin de la main d'un étranger dans une terre désolée
Perdus dans une Wilderness* Romaine de douleur et tous les enfants sont déments
Tous les enfants sont aliénés en attendant la pluie d'été
Le danger rôde autour de la ville, prend la King's Highway
Scènes étranges dans la mine d'or, prend la route vers l'ouest, baby
Chevauche le Serpent, chevauche le Serpent, jusqu'au lac, jusqu'au lac, jusqu'à l'ancien lac, le Serpent est long, sept miles, chevauche le serpent
Il est vieux et sa peau est froide, l'ouest est meilleur, l'ouest est meilleur, va ici et nous ferons le reste
Le bus bleu nous appelle, le bus bleu nous appelle, Chauffeur où est-ce que vous nous emmenez?
Le tueur s'est reveillé avant l'aube, il mit ses bottes, il prit un visage de l'ancienne gallerie, et il descendit le couloir, il alla dans la pièce où vivait sa soeur, et puis il rendit visite à son frère, et puis il descendit le couloir, et il arriva à une porte, et il regarda à l'interieur
'Père
Oui, mon fils?
Je veux te tuer
Mère, Je veux te...'
Allez baby, tente ta chance avec nous
Allez baby, tente ta chance avec nous
Allez baby, tente ta chance avec nous
Et retrouve moi à l'arrière du bus bleu
C'est la fin, belle amie
C'est la fin, ma seule amie
La fin
C'est douloureux de te libèrer
Mais tu ne me suivras jamais
La fin des rires et des doux mensonges
La fin des nuits nous avons essayé de mourir
C'est la fin
The Doors, The End, 1967